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Le corps obèse
de Jérôme
Dargent
L'obèse, le corps obèse
dans toutes ses représentations...
Être obèse, être une personne obèse,
souffrir de la maladie qu'est l'obésité : trois faces d'un
même problème que les médecins explorent de manière
conjointe avec les acteurs du monde culturel (écrivains, peintres...).
Le résultat de ces explorations tend à
enfermer l'obèse dans l'espace clos des représentations, lui déniant
du même coup le statut d'un monde autonome et agissant.
Les différentes lectures de l'obèse qui
sont ici passées en revue, depuis l'outil qui sert les romanciers
jusqu'à l'encartage propre aux différentes catégories de
la médecine (médecine des essences et médecine anatomo-clinique,
décrites par Michel Foucault), sont enchevêtrées et toutes
placées sous l'auvent du relativisme. Et prétendre guérir
l'obèse, c'est aussi et même d'abord le représenter, fût-ce
en le plaçant sur une table d'opération, ou plus banalement en
prétendant le mesurer.
Décrire l'obèse, c'est de toutes
parts l'assigner, le sommer, exercer sur lui l'emprise du corps social.
La technoscience n'est pas en reste, qui pourtant revitalise le lien délité
créé par l'observation prétendument objectivante. Restaurer
la dimension d'être-souffrant (d'être-vivant tout simplement)
de l'obèse, c'est faire le détour par sa temporalité.
Le corps de l'obèse (corps du pauvre, corps
du monstre...) est un corps que l'on récite, que l'on met en intrigues,
que l'on anticipe et qui se décline lui-même, alors en fait qu'il
n'est que " l'ensemble des possibilités que nous avons sur le monde
".
Convertir le regard et faire que ce corps qui
n'en peut mais puisse se déprendre de cette mainmise, tel est le but
principal de ce livre.
L'auteur :
Jérôme Dargent est docteur
en médecine et en philosophie. Il est chef de clinique à la Faculté
Lyon-I. Il exerce aussi la médecine à titre libéral et
s'intéresse plus particulièrement à la thérapeutique
de l'obésité morbide.
Broché, 258 pages, 15,8 x 21cm
Editions Champ Vallon
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